Avant de partir

Comment se faire soigner à l’étranger sans se ruiner ?

Avec le froid qui s’installe, nombreux sont les Québécois qui boucleront leur valise pour aller se réchauffer dans le Sud. Si la plupart ne pourraient envisager l’idée de partir sans apporter maillot de bain, verres fumés et lotion solaire, ils sont néanmoins plusieurs à lever les voiles sans souscrire à une assurance voyage ou sans vérifier quels sont les frais couverts par leur police ou leur carte de crédit.

Près de 40 % des Canadiens ayant reçu des soins médicaux à l’étranger n’étaient pas protégés par une couverture d’assurance, révèle un récent sondage mené par l’Association canadienne de l’assurance voyage (THiA). Et pourtant, une consultation avec un médecin lorsque l’on est en voyage peut vite faire exploser le budget vacances. Par exemple, un séjour de trois jours aux soins intensifs à la suite d’une crise cardiaque dans un hôpital de la Floride a coûté 26 000 $ à un Québécois qui a fait parvenir une copie de la facture à la la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). De cette somme, la RAMQ a remboursé… 735 $. Si le patient n'a souscrit à aucune une assurance, il doit débourser lui-même la différence, soit 25 265 $ dans le cas présent.

Pour éviter de se faire refiler une telle facture, quelques vérifications s’imposent. Avant toute chose, les voyageurs devraient s’informer auprès de leur employeur afin de savoir s’ils sont protégés par une assurance collective au travail ou encore par un programme de leur carte de crédit. Si c’est le cas, il faut voir quelles garanties sont données : soins de santé d’urgence, assurance pour les bagages, couverture pour les accidents ou assurance annulation. Sinon, mieux vaut faire appel à un assureur privé.

Une couverture pour des soins de santé d’urgence, voilà l’élément principal qu’il faudrait inclure dans une police d’assurance voyage, souligne François Morel, conseiller en développement des affaires chez Desjardins Sécurité financière. « Il ne faut pas oublier que si on va en Floride en auto, les probabilités de perdre les bagages sont plutôt minces », illustre M. Morel. Personne n’est toutefois à l’abri d’une blessure ou d’un malaise, d’où l’importance capitale d’avoir une assurance pour les soins de santé, peu importe que l’on aille aux États-Unis, à Cuba ou au Mexique. À ce chapitre, la THiA suggère d’avoir une couverture d’au moins 1 million de dollars. De cette façon, les frais engagés pour des soins reçus pour une fracture de la jambe, par exemple, seront refilés à l’assureur. « Sinon, l’argent doit sortir de nos poches », tient à rappeler M. Morel. 

Et la RAMQ dans tout ça ? Celle-ci recommande aux voyageurs québécois d’avoir une assurance privée. « La Régie ne rembourse pas en totalité les services de santé reçus à l’extérieur du Québec, peut-on lire sur le site internet de la RAMQ. De plus, certains services ne sont pas couverts par le régime d’assurance maladie. Si vous n’avez pas d’assurance privée au moment où vous recevez des soins à l’extérieur du Québec, la part non remboursée par la Régie sera à votre charge. »

À noter qu’il existe deux types de frais : professionnels et hospitaliers. « La Régie de l’assurance maladie rembourse les services professionnels jusqu’à concurrence des tarifs en vigueur au Québec, et ce, même si la personne assurée a déboursé davantage. »

Par exemple, voir un omnipraticien en Floride peut coûter 75 $. La RAMQ rembourse 16,50 $, soit le prix pour ce même genre de consultation au Québec.

En ce qui concerne les services hospitaliers (soins infirmiers, actes diagnostiques, l’hébergement en salle de trois lits ou plus et les médicaments administrés pendant l’hospitalisation), la Régie rembourse jusqu’à concurrence de 100 $ par jour d’hospitalisation et un maximum de 50 $ par jour pour les soins reçus à la consultation externe d’un hôpital. Un séjour de huit jours pour le traitement d’une pneumonie dans un hôpital de la Caroline-du-Sud a coûté à un patient québécois 38 036 $ (27 493 $ de soins hospitaliers et 10 543 $ de services professionnels). De cette somme, la RAMQ a remboursé à peine 1903 $. 

Comment se faire rembourser ?

Lorsqu’un patient reçoit son congé d’un hôpital de la République dominicaine, par exemple, il se peut qu’il doive d’abord payer la totalité de la facture pour ensuite se faire rembourser par son assureur privé (s’il en a un) et par la RAMQ en fournissant les pièces justificatives et en remplissant les formulaires nécessaires. Il arrive toutefois que l’établissement de santé fasse directement affaire avec l’assureur. « Il est important de prévenir son assureur avant de s’engager dans un choix d’hôpital, conseille Nadine Labbé, directrice principale aux services des cartes de la Banque Nationale. Comme ça, les gens seront dirigés vers un centre reconnu. » Le processus de remboursement sera alors plus facile.

Certains assureurs se chargent même de faire les réclamations auprès de la Régie.

Les cartes de crédit qui offrent une assurance voyage complète

MasterCard (Banque nationale)

Platine (assurance médico-hospitalière jusqu’à 5 millions, assurance annulation, assurance retard de vol, assurance bagages)

Word (assurance médico-hospitalière jusqu’à 5 millions, assurance annulation, assurance retard de vol, assurance bagages)

Visa (Desjardins)

Or odyssée (protection soins de santé d’urgence jusqu’à 5 millions, annulation voyage, protection voyage, assistance collision, dommages pour véhicule de location)

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